Rencontre avec Mgr RAHARILAMBONIAINA

Notre joie, ce n’est pas seulement la miséricorde reçue mais c’est aussi la miséricorde à donner

eveque de madagascar

Mgr Fabien RAHARILAMBONIAINA, évêque de Morondava et vice-président de la conférence des évêques de Madagascar, était l’invité d’honneur des fêtes thérésiennes au sanctuaire de Lisieux les 24 et 25 septembre 2016.

Présentez-nous votre diocèse…

Mon diocèse, le deuxième le plus important, se situe à l’Ouest du pays, s’étend sur 47 000 km2, compte 700 000 habitants dont 110 000 catholiques. La majorité de la population est animiste. Je peux compter sur 65 prêtres, 35 congrégations religieuses, et nous scolarisons gratuitement 28 000 enfants dont beaucoup sont pauvres. Je remercie d’ailleurs les Français qui par leurs dons m’aident à construire des écoles ou soutiennent financièrement des postes d’enseignants.

Quel est votre lien et votre attachement avec Thérèse et Lisieux ?

Mgr RAHARILAMBONIAINA : C’est la deuxième fois que j’ai la chance de présider la messe d’ouverture des fêtes thérésiennes. Je suis venu cette année pour manifester la reconnaissance de l’Église de Madagascar suite à la visite des reliques de sainte Thérèse et des saints Louis et Zélie MARTIN, dans notre pays pendant à l’été 2015. C’est aussi l’occasion de dire ma reconnaissance au Père Olivier RUFFRAY, recteur du sanctuaire de Lisieux.

Mon attachement à Thérèse vient de ma vocation sacerdotale carmélitaine. Au moment où j’ai décidé d’entrer chez les Carmes, j’ai demandé un signe à sainte Thérèse. Dès le lendemain, un évêque que je ne connaissais pas, est venu demander s’il pouvait m’ordonner en tant que prêtre. Mon supérieur m’a demandé si je voulais devenir prêtre et j’ai répondu : « Oui ».

Je suis très attaché à Thérèse car elle a une vision large de la vie et de la foi à la lumière de la Parole de Dieu. En cette année de la miséricorde, je crois que Thérèse a beaucoup de choses à nous dire à nous tous, sur ce qu’est la miséricorde de Dieu. Nous n’avons pas seulement à vivre de la miséricorde de Dieu, mais nous sommes appelés à devenir miséricordieux à la hauteur de notre Dieu à l’image de Thérèse qui manifeste énormément de compassion à l’égard des pécheurs. Notre joie, ce n’est pas seulement la miséricorde reçue mais c’est aussi la miséricorde à donner aux autres.

Comment s’est déroulée la visite des reliques à travers le pays ?

L’idée de départ était de faire venir les reliques pour fêter les soixante ans de fondation des dix diocèses de Madagascar, car elle est patronne des missions. Elle-même nous invite à avoir une vision plus large de la mission. Les reliques ont voyagé dans tous les diocèses de Madagascar, déplaçant les foules. Je pense qu’il y a eu de nombreuses grâces reçues suite à ces visites. Cette visite des reliques a été préparée pendant de nombreux mois, plus d’un an à l’avance, tant sur le plan matériel que spirituel, notamment par la catéchèse. Tout le peuple était donc dans l’attente de cette venue, avec la spécificité même de la spiritualité familiale des parents Martin. Même le nonce apostolique et le P. RUFFRAY sont venus pour la fête des soixante ans de dix diocèses du pays. Cette visite a entraîné beaucoup de joie chez les chrétiens et même des conversions.

Comment avez-vous vécu à Madagascar la canonisation de Louis et Zélie MARTIN ?

La décision de la canonisation de Louis et Zélie MARTIN a été rendue publique pendant que les reliques étaient présentes à Madagascar. Imaginez notre joie ! Cette décision unique présente la famille comme un chemin de sainteté. Pour nous c’est important car cela montre que la vie quotidienne peut aussi être un chemin vers la sainteté. Ses parents ont manifesté à Thérèse que la sainteté pouvait être un projet de vie. C’est tout simplement magnifique ! Nos fidèles vivent en famille, il est donc très important de présenter la vie familiale comme un chemin de sanctification.

Propos recueillis par Anne BLANCHARD.