Pour accueillir la joie de Noël

Au terme de cette année 2020, nous allons entrer dans une nouvelle année liturgique et aux premiers jours de 2021, le 10 janvier, nous accueillerons Mgr Jacques Habert, notre nouvel évêque. Nous voici donc à un moment très particulier de notre vie en Église qui va coïncider avec les temps de l’Avent et de Noël.
La première démarche à faire en ce temps de veille, c’est de nous mettre en route. Le temps de l’Avent n’est pas celui d’une attente passive mais au contraire le temps d’une préparation. Il s’agit de revivre avec le peuple d’Israël, avec les prophètes et les « pauvres du pays », l’attente du Messie pour que se réalisent les promesses de Dieu. Il s’agit aussi de préparer son chemin. Pour ouvrir cette route, il faut nous préparer nous-mêmes, mobiliser nos forces, être « lancé vers l’avant » comme dit saint Paul (Ph 3,13), nous laisser conduire par l’Esprit comme l’ont fait les prophètes, la Vierge Marie, et les Mages guidés par leur étoile. Ne passons pas à côté de ces quatre semaines qui vont nous conduire à Noël. Préparons bien sûr les signes extérieurs de la fête à venir, le sapin, la crèche, les lumières, mais préparons surtout l’intérieur, notre cœur, la part la plus intime de nous-même, parfois divisée et en quête d’unité. Et mobilisons-nous pour cette route nouvelle qui s’ouvre à notre diocèse avec son nouvel évêque.
Il s’agit aussi pendant ces jours de discerner les signes d’espérance qui parsèment nos vies. Au sein des nombreuses difficultés qui ont marqué cette année, la crise sanitaire, la crise économique qu’elle a engendrée, et les difficultés sociales qui surgissent, nous pouvons lire aussi des signes d’espérance : la solidarité de beaucoup, l’attention portée sur toutes ces personnes qui ont soutenu la vie du pays pendant ces temps de confinement et que nous avions tendance à ignorer, l’interrogation profonde sur la place que doivent avoir les personnes âgées, les plus fragiles, dans notre société, la prise de conscience que nous devons respecter la nature et l’environnement, le renouvellement de notre vie de prière, notamment dans les familles. Pour discerner ces signes d’espérance, il faut prendre le temps de nous asseoir pour relire nos journées et les mettre devant Dieu jusqu’à, comme dit encore saint Paul, « lui présenter votre corps – votre personne tout entière –, en sacrifice vivant, saint, capable de plaire à Dieu : c’est là, pour vous, la juste manière de lui rendre un culte » (Rm 12,1).
Nous l’avons appris pendant ces deux confinements : la prière chrétienne a besoin de s’exprimer dans la liturgie commune, celle de l’Église, et elle a besoin du rassemblement de l’Eucharistie, qui est la source et le sommet de la vie en Église et qui nous a manqué à tous. Mais la prière chrétienne ne se limite pas à ce rassemblement. Elle est la prière de toute notre vie, de toutes ces rencontres avec le Christ qui s’expriment également dans le recueillement personnel et dans l’attention fraternelle au prochain : « Chaque fois que vous l’avez fait à l’un de ces plus petits de mes frères, c’est à moi que vous l’avez fait » (Mt 25,40). Tout cela aussi constitue notre culte spirituel et, d’une certaine façon, la crise que nous avons subie nous a aidés à le redécouvrir. Prier, c’est aussi méditer la Parole de Dieu ; prier, c’est aussi faire oraison ; rendre un culte à Dieu, c’est aussi visiter les malades et prendre soin de ses frères.
Il serait vraiment dommage de perdre tout ce que nous avons appris pendant ce temps de crise et qui peut contribuer à renouveler, à vivifier notre vie en Église.
Pour vivre en diocèse ce temps de l’Avent où nous sommes tous appelés à témoigner de notre espérance, je vous propose deux démarches possibles et qui peuvent très bien se compléter.
La première consiste à mettre en œuvre et à diffuser largement la proposition de la Pastorale des familles intitulée “La lumière brille dans les ténèbres” (Jn 1,5), de façon à ce qu’elle touche le plus grand nombre de chrétiens de notre
diocèse. Vous le verrez, c’est un moyen simple, qu’on peut vivre en famille, et qui est proposé à partir du signe de la lumière. Vous trouverez les modalités sur le site du diocèse ou en cliquant ici.
La seconde vient de plusieurs paroisses qui ont créé une sorte de réseau d’entraide, en particulier sous la forme de « binômes » dans l’une d’entre elles. Le principe est le suivant : une personne prend en charge une autre personne, qu’elle sait isolée, peut-être pas à l’aise avec l’ordinateur et pas forcément prête à rejoindre un groupe, en acceptant de lui donner de temps en temps un coup de fil pour prendre de ses nouvelles, pour échanger avec elle, pour lui donner aussi des nouvelles de la paroisse ; si la personne n’habite pas trop loin, il est encore mieux d’aller la visiter si c’est possible (dans le respect des normes sanitaires demandées). C’est une démarche très concrète et un geste de fraternité.
À Noël, nous allons accueillir Jésus, l’Emmanuel, le Fils de Dieu qui se fait l’un de nous. Réalisons la force de ces mots : “Emmanuel, Dieu-avec-nous”.
Ce n’est pas un slogan pour dire que Dieu soutient nos idées ou pire nos armées, mais c’est la révélation même de son amour. En Jésus, Dieu vient à nous, il se met à notre portée. Comme le dira la lettre aux Philippiens : « Il s’est anéanti, prenant la condition de serviteur, devenant semblable aux hommes. Reconnu homme à son aspect, il s’est abaissé, devenant obéissant jusqu’à la mort, et la mort de la croix » (Ph 2,7-8). Nous chantons cela la nuit de Noël : « de la crèche au crucifiement, il nous aime inlassablement ». C’est le même mystère.
Voilà l’extraordinaire nouvelle qui éclate à Bethléem : Dieu n’est pas loin, il se dévoile au milieu de nous, il s’est fait l’un de nous. Mystère qui dépasse de toutes parts notre horizon trop court, et saint Luc nous montre comment la Vierge Marie, la personne la plus proche de Jésus puisqu’elle est sa mère, a accueilli ce mystère : « Marie, cependant, retenait tous ces
événements et les méditait dans son cœur » (Lc 2,19). Puissions-nous, chacune et chacun pendant ces fêtes de Noël, laisser tomber un moment la frénésie de la consommation et de la course aux multiples occupations pour nous approcher simplement de la crèche, à l’église ou chez nous, pour méditer le don que Dieu nous fait et laisser entrer en nous la joie de Noël !
Dans la joie d’accueillir très bientôt notre évêque, Mgr Jacques Habert, je vous souhaite à l’avance un très joyeux Noël.
P. Xavier Signargout
Administrateur diocésain

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