Mes 60 années de vie de prêtre en quelques flashs

Après un bref passage à St Pierre de Caen, je deviens vicaire à St Michel de Vaucelles Caen en 1967. Les débuts sont difficiles. A la fin de l’année scolaire, retraite de Profession de Foi avec 126 enfants, que nous invitons à se retrouver à la rentrée afin de poursuivre le chemin. En Septembre je circule, à vélo, dans le quartier. Un garçon, Alain, m’interpelle « Hé, père Marie, nous sommes plusieurs à vouloir continuer le caté avec vous ». Ce fut le déclic, le véritable démarrage de ma vie de prêtre, je m’investis alors à fond dans la pastorale des jeunes, des adultes s’impliquent, un plus jeune prêtre arrive… quand je partirai il y aura 120-130 collégiens et lycéens dans de petites équipes. Dans le même temps je devins aumônier du lycée Rostand… Participant évidemment à la vie paroissiale, j’accompagne deux équipes de jeunes foyers et un groupe biblique… et avec trois couples nous fondons une équipe « Préparation au Mariage ».
Après St Michel, Cormelles-le-Royal. Je deviens curé. Je reprends la pastorale des collégiens, avec un grand jeune et quelques adultes. Très rapidement je dois chercher un(e) organiste. Une jeune en classe de 5e répond et assume très bien. Puis au fil des années six autres jeunes se lancent , ainsi qu’un trompettiste, deux flutistes, deux violonistes, une harpiste et un saxophoniste. C’était magnifique… Dans cette paroisse j’ai mon premier baptême d’adulte, une jeune femme de 25 ans. Je sollicite un jeune couple pour contribuer avec moi à son accompagnement… Là aussi il y a un groupe biblique… et un chantier matériel : l’église est en piteux état, à coup de kermesses nous la restaurons.
Après Cormelles, St Gilles de Caen (l’abbaye-aux-dames). Parallèlement à la magnifique restauration de l’église, qui dure trois ans, je vois arriver les jeunes familles. Il y en aura 25-30 quand je partirai. Le catéchisme et la pastorale des ados sont organisés, je n’ai qu’à participer. Je suis sollicité pour accompagner un groupe d’étudiants de l’Orne et du Calvados. L’un d’eux entre au séminaire, devient prêtre puis évêque… Bien sûr il y a un groupe biblique. Nous étudions en particulier l’évangile selon St Matthieu. Je produis un polycopié de 300 pages.
En 1997 je quitte St Gilles, en pleurant, pour aller à Deauville et neuf autres communes. Grâce à une douzaine de personnes sont nées très vite trois nouvelles équipes liturgiques, grâce à six personnes s’est constituée une équipe « Préparation au Baptême » pour accueillir les jeunes parents demandant le Baptême de leurs enfants, et grâce à trois couples une équipe « Préparation au Mariage » pour accueillir les futurs mariés, grâce à 20 personnes une équipe « Visiteurs de malades », et grâce à 20 autres une équipe « Accompagnement des familles en deuil »… Il y a eu aussi la préparation de 15 adultes au Baptême, ou à l’Eucharistie et à la Confirmation, avec la participation de paroissiens… et le Café-Théologique, et son équipe de pilotage, qui avait lieu tous les deux mois à la brasserie « Le Central » de Trouville… J’ai adoré le travail avec les laïcs et je remercie de tout cœur ceux qui ont bien voulu travailler avec moi. Un prêtre seul ne peut rien et c’est bien la mission des baptisés de participer. Au fil de mon parcours j’ai rencontré deux religieuses en pastorale. Ce furent de précieuses collaboratrices… À Deauville et autres lieux il y a eu aussi un groupe biblique. Nous avons étudié « Le livre de l’Apocalypse » de St Jean… et j’ai publié trois ouvrages, encouragé par un prêtre aîné et par des paroissiens.
Depuis neuf ans je suis aumônier de la visitation de Caen. Là je célèbre la Messe 350 jours sur 365. Un petit groupe de chrétiens de la ville et des environs se joignent aux onze sœurs contemplatives. C’est une grâce pour moi d’avoir ce ministère… J’apporte aussi une très légère contribution à l’aumônerie du CHU, autre belle mission !
À me lire, tout paraît simple et facile. Non, il y a des échecs, des incompréhensions, des conflits, des encouragements… Mais partout j’ai rencontré des proches, des amis qui m’ont encouragé et le Seigneur m’a littéralement porté. Je ne suis jamais seul. Il est là, fidèle. Pendant que j’étais en paroisse, j’allais à toutes les vacances scolaires, passer trois jours au monastère de la Trappe, dans l’Orne pour me ressourcer.
Partout et maintenant j’ai vécu et je vis de belles rencontres. J’aime les rencontres, elles sont vitales. Beaucoup m’ont marqué profondément. Merci à ceux et celles qui m’ont aidé à avancer. Merci au Seigneur !
Père Michel Marie