Homélie de Mgr Habert – Messe Chrismale 2026

Il est beau notre diocèse lorsqu’il se rassemble chaque année à l’occasion de la messe chrismale, c’est bien tout le peuple de Dieu qui est mobilisé et qui se sent concerné par cette fête au cœur de la Semaine Sainte. Dans cette liturgie tout le mystère de l’Église est présent, spécialement la réalité de l’Église diocésaine, nous célébrons la messe dans notre cathédrale.

  • Vous êtes là vous les prêtres, nous venons de passer la journée ensemble, tout à l’heure c’est tout le peuple de Dieu qui va prier pour vous et avec vous, vous allez renouveler vos engagements sacerdotaux. Nous prierons aussi pour les vocations sacerdotales dont notre diocèse a un si grand besoin.
    Tout le peuple priera aussi pour l’évêque.
  • Vous êtes là, vous les diacres, vos épouses sont dans l’assemblée en communion avec vous. Pendant la liturgie, vous redirez aussi les engagements de votre ordination.
  • Dans notre assemblée, et aussi parmi les prêtres, est présente la vie religieuse et consacrée si précieuse dans un diocèse. Elle est souvent cachée mis tellement essentielle.
  • Je suis aussi heureux de constater que bien de nos amis catéchumènes sont présents. Dans 4 jours, samedi, vous serez chrétiens, en recevant les 3 sacrements de l’initiation : baptême, confirmation, eucharistie. Vous êtes 140 dans le diocèse, 13000 en France en cette année 2026.
  • Vous êtes là, fidèles laïcs du Christ, baptisés, confirmés, pour certains, unis dans les liens du mariage. Vous êtes engagés de façon diversifiée dans le monde : familial, professionnel, culturel, associatif, politique, sportif, vous êtes aussi bien sûr et heureusement engagés dans l’Église de façon visible ou plus discrète. Toute l’Église vous bénit pour ce dévouement extrême qui est souvent le vôtre et qui n’est pas toujours reconnu à sa juste place.

À chacun de vous (prêtre, religieux laïcs), les premiers versets du livre de l’Apocalypse étaient adressés tout à l’heure : Que la grâce et la paix vous soient données de la part de Jésus Christ, le témoin fidèle, le premier-né des morts, le prince des rois de la terre. À lui qui nous aime, qui nous a délivrés de nos péchés par son sang, qui a fait de nous un royaume et des prêtres pour son Dieu et Père, à lui, la gloire et la souveraineté pour les siècles des siècles.

Ces paroles, solennelles, englobantes, viennent nous redire que ce que nous célébrons ce soir nous dépasse totalement. Nous ne fêtons pas un simple événement diocésain, nous sommes associés au plan de salut de Dieu et toute l’Église est à son service.

Cette Église pour vivre sa mission a besoin des sacrements. Ils sont aussi à l’honneur dans la messe chrismale. Nous allons tout à l’heure bénir les saintes huiles : huile des malades, huile des catéchumène et Saint Chrême. Elles serviront tout au long de l’année pour célébrer les baptêmes, les confirmations, les ordinations, le sacrement de l’onction. Nous prierons spécialement pour nos amis catéchumènes lors de cette bénédiction.

Ce ministère que l’Église accomplit, chacun selon sa vocation, son état de vie et ses talents, c’est en réalité le ministère du Christ.

Nous ne sommes pas au sens strict du terme dans l’imitation de Jésus, elle est impossible, mais nous sommes dépositaires du salut qu’il nous a acquis et que nous célébrons tout au long de cette semaine, jusqu’à la vigile, salut qui continue de se déployer au fil de l’histoire.

Voilà l’identité de l’Église ; être le sacrement du salut, c’est-à-dire le signe visible et efficace dans notre monde.

Ce ministère du Christ, il nous est présenté chaque année dans l’évangile selon saint Luc. Nous sommes au début de l’évangile et la question se pose à tous : qui est Jésus ? L’évangile répond : il est le Seigneur consacré par l’onction, envoyé porter la Bonne Nouvelle aux pauvres, annoncer aux captifs leur libération, et aux aveugles qu’ils retrouveront la vue, remettre en liberté les opprimés, annoncer une année favorable accordée par le Seigneur.

Fondamentalement, le ministère de Jésus est un ministère de guérison, de consolation, de restauration, un ministère de salut. Fondamentalement il s’adresse aux pauvres et aux petits.

C’est eux qui, de façon permanente, vont l’entourer tout au long de son ministère.

Nous sommes vraiment dans l’essence même de la révélation biblique, car ces versets ne sont finalement que la reprise de ceux du prophète Isaïe entendus dans la première lecture. L’esprit du Seigneur Dieu est sur moi parce que le Seigneur m’a consacré par l’onction. Il m’a envoyé annoncer la bonne nouvelle aux humbles, guérir ceux qui ont le cœur brisé, proclamer aux captifs leur délivrance, aux prisonniers leur libération, proclamer une année de bienfaits accordée par le Seigneur, et un jour de vengeance pour notre Dieu, consoler tous ceux qui sont en deuil. Voilà l’identité de notre Dieu, celui qui se penche par amour sur chacun de nous. Il prend soin de sa création qu’il aime et qu’il veut sauver.

  • Vous les prêtres, vous entendez ces paroles. Dans une belle lettre adressée aux prêtres le 8 décembre dernier, le pape Léon citait le pape Benoit XVI lequel expliquait : Le prêtre est le serviteur du Christ, il est dans le Christ, pour le Christ et avec le Christ au service des hommes. Précisément parce qu’il appartient au Christ, le prêtre est radicalement au service des hommes : il est ministre de leur salut, de leur bonheur, de leur libération authentique. Voilà un bien beau programme de vie.
  • Vous les diacres vous entendez ces paroles. En communion avec le ministère des prêtres, le pape Léon adjoint celui des diacres avec ces belles paroles : le ministère du diacre permanent, configuré au Christ Serviteur, est surtout signe vivant d’un amour qui ne reste pas à la surface, mais qui se penche, écoute et se donne. La beauté d’une Église faite de prêtres et de diacres qui collaborent, unis par la même passion pour l’Évangile et attentifs aux plus pauvres, devient un témoignage lumineux de communion. Soignons ces liens fraternels.
  • Vous aussi les fidèles, vous entendez ces paroles, vous êtes de façons diversifiées engagés dans ce ministère. Le jubilé des pauvres le 16 novembre dernier reste bien présent dans mon esprit et ma prière, ainsi que le jubilé des personnes détenus le 14 décembre. Je sais aussi ce que vous faites pour annoncer la bonne nouvelle aux pauvres, dans vos familles, nos écoles, nos paroisses, vos quartiers, votre vie professionnelle…

Pour conclure mon homélie, je voudrais me tourner vers nos amis catéchumènes. À vous aussi la bonne nouvelle a été annoncée. Vous l’avez accueillie, parfois après un beau chemin de patience, de persévérance, et des combats.

Vous aussi, vous allez annoncer la bonne nouvelle aux pauvres. Pour cela, vous avez besoin de communautés qui vous accueillent et vous soutiennent. Elles le font déjà et sont bien mobilisées.

Il vous est proposé au mois de mai un beau pèlerinage à Paris, du vendredi 1er au dimanche 3.

Nous invitons les diocésains qui le peuvent à venir vous rejoindre à Paris, pour une messe à Notre-Dame le samedi 2 mai à 12h. Ce sera un beau symbole de notre désir de vous accueillir.

Dans un instant, les prêtres et les diacres vont renouveler leurs engagements. Ensuite nous bénirons les huiles. Prions pour notre diocèse.

Notre prière ne peut pas oublier la dimension de la paix. Les premières paroles de Jésus ressuscité seront : la paix soit avec vous ! Demandons la grâce d’accueillir cette paix et d’en être des ambassadeurs résolus.

+ Jacques Habert, évêque de Bayeux-Lisieux
Messe Chrismale, 31 mars 2026
Cathédrale Notre-Dame de l’Assomption de Bayeux

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