La vie plus forte que la mort

Nous avons commencé ce mois de novembre en fêtant les saints. Les saints sont ceux qui ont choisi la vie avec Dieu. Bien sûr, il y a des forces de mort qui semblent plus fortes que la vie. Nous sommes comme fascinés par ces forces de mort. Bien souvent sur nos écrans de télé on ne parle que d’elles. Mais comme la lumière qui jaillit au cœur des ténèbres, la vie finit par l’emporter. Une simple bougie allumée suffit à chasser les ténèbres de la pièce obscure. Les saints nous sont donnés comme des rayons du soleil, au cœur de la nuit. Bien sûr ils ne sont pas le soleil. C’est Dieu le soleil, car Lui seul est saint. Ils n’en sont que les reflets. Ils nous chuchotent au creux de l’oreille « choisis la vie ». Et pourtant la mort semble clore à jamais l’histoire humaine.

Et si la vie humaine ressemblait à la métamorphose de la libellule ? Après la dernière mue, la larve sort de l’eau en montant le long d’une tige, attirée vers le ciel. Sa peau se déchire une dernière fois et une magnifique libellule en sort libérée. Il ne reste là que la dépouille de l’ancienne larve, témoin de l’envol de la libellule. Elle voudrait dire à sa manière, aux larves qui la regardent, que la vie est plus forte que la mort et qu’elle ne s’arrête pas à la dépouille qu’elles découvrent.

 

Être une parcelle de ciel sur notre terre

Les chrétiens ne parlent pas des morts mais bien des défunts. Le défunt c’est celui dont la vie connaît un accomplissement comme la libellule est l’accomplissement de la larve. La grandeur d’une société se mesure à son attitude à l’égard de ses morts. Une civilisation qui perd le respect de ses défunts se déshumanise peu à peu.

Le moment de la Toussaint est un moment privilégié qui relie la terre et le ciel. Beaucoup de personnes sont allées déposer à cette occasion, quelques fleurs sur la tombe d’un être aimé. C’est une manière de penser à lui. Peut-être ont-ils dit une prière sur sa tombe ? Ce jour-là, le christianisme associe le culte des saints et des morts.

Les chrétiens croient que nous sommes faits pour la vie, même si nous passons par la mort. Nous avons quitté les eaux du ventre maternel pour naître au souffle de la terre. Ce fut une véritable mort. Nous passons de la terre pour vivre dans le monde de Dieu et être animé de son souffle. Que restera-t-il de notre personne ? Non pas nos cellules biologiques mais l’amour que nous avons mis dans notre vie, les liens de communion que nous avons créés, le don de nous-mêmes qui a fécondé l’humanité. Par toute notre histoire, nous avons été une parcelle de ciel sur notre terre. Cela vaut bien un beau bouquet de fleurs au milieu d’un tapis de feuilles mortes que tisse l’automne.

Rappelez-vous : il y a des vies qui ressemblent aux étoiles. Même quand elles ont cessé d’exister, elles continuent de briller et d’éclairer notre nuit.

 

Jean-Claude BOULANGER
Évêque de Bayeux et Lisieux

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