« Heureux les doux, ils recevront la terre en héritage ».

Chers amis,

En cette nouvelle année 2020, nous sentons combien nos contemporains sont inquiets devant l’avenir de la planète mais aussi l’avenir de l’être humain. Ces inquiétudes rejoignent ce qu’évoquait le Pape François dans son Encyclique Laudato Si quand il parlait d’écologie intégrale.

 

La terre de Dieu

Le message biblique est clair sur ce sujet. Cette terre est d’abord la terre de Dieu. Quand l’être humain est créé, il est façonné de terre. Il est un fils de la terre, « Adama » (Genèse 2,7) que nous traduisons par Adam. C’est donc un terreux et en même temps, il est créé à l’image de Dieu, il est mis dans un jardin. Or, la Bible se termine par la Jérusalem céleste qui est une ville construite par l’être humain, mais une ville dans un jardin où il y a un fleuve et des arbres. La Jérusalem céleste réconcilie la terre et le ciel, la nature et la culture, l’homme et la terre. Entre le texte de la Genèse et le texte final de l’Apocalypse, il y a le texte de l’Évangile, en particulier de Jean, qui nous montre que Jésus est mis dans un tombeau lorsqu’il meurt sur la Croix. Or, ce tombeau se trouve dans un jardin et donc ce jardin est devenu un cimetière, symbole de ce que l’humanité a fait de la terre. Quand Jésus ressuscite, le tombeau est vide, ce qui veut dire que ce jardin qui était un cimetière n’accueillera plus jamais de cadavre. Il redevient un jardin et retrouve sa vocation première.

 

Un rapport de communion

Mais l’homme, s’est fait Dieu et l’a remplacé. Il a voulu être le maître. Le drame, c’est qu’il a vendu son âme aux puissances d’argent. La terre n’est plus un don reçu mais le lieu d’une exploitation. L’homme, se croit le maître de la terre. Il a pris la place de Dieu. Je suis fils de paysans. Autrefois on parlait des paysans avant la seconde guerre mondiale. Puis le mot paysan a été remplacé par le terme agriculteur ou éleveur. Maintenant on parle de producteurs de céréales ou producteur de lait. Le paysan c’est celui qui a façonné un paysage et même un pays. Je comprends la souffrance de ceux qui cultivent la terre. Ils ont l’âme de paysans bien plus que de producteurs.

Or, Jésus dit : « Heureux les doux, ils posséderont la terre ». Cela veut dire que l’être humain est invité à avoir un rapport de communion, de maîtrise, bien sûr, mais aussi de douceur, pour véritablement posséder la terre. Il est invité à dominer le monde mais à la manière de Dieu. Et même la Création toute entière est en attente de la révélation des fils de Dieu. Elle aussi, elle participe au mystère de mort et de résurrection du Christ, comme le dit Saint Paul (Rom. 8,19). L’homme est donc interrogé sur son rapport à la nature, sur sa participation à l’aménagement de la terre.

Meilleurs vœux à vous tous pour cette nouvelle année 2020.

 

+ Jean-Claude Boulanger

Évêque de Bayeux et Lisieux

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