Quand apparaît la fragilité

Dans cette période de confinement, nous sommes déstabilisés. Tous nos projets volent en éclats. Nous sommes réduits à vivre l’instant présent sans savoir ce que sera demain. Alors l’angoisse surgit et la solitude peut parfois signifier un naufrage. Personne à qui se confier, aucune présence physique, tout devient virtuel. Finalement nous découvrons ce que vivent une multitude de personnes autour de nous, quand survient une maladie grave, un accident, un licenciement, un échec. Nous pouvons continuer la liste. Cette période nous fait prendre conscience de manière collective de la fragilité de notre condition humaine et de notre société. Nous ne sommes pas des robots programmés.

La faiblesse, chemin de vie fraternelle et spirituelle

La faiblesse peut nous ouvrir à la grâce de Dieu comme l’a vécue Saint Paul, qui s’est entendu dire de la part du Seigneur : « Ma grâce te suffit, car ma puissance se déploie dans ta faiblesse. » (2° Cor.12,9). La faiblesse peut aussi nous refermer sur nous-mêmes et nous couper de l’Amour de Dieu dans un instinct un peu suicidaire. Je me souviendrai toujours de Françoise, jeune myopathe de 24 ans, décédée à l’âge de 30 ans. Au cours d’un pèlerinage à lourdes, rencontrant un groupe de jeunes dans la prairie, Françoise a dit : « Je suis dans un fauteuil depuis l’âge de 12 ans. Je suis handicapée mais j’aimerais vous poser une question : Et vous, quel est votre handicap ? » Personne n’a osé répondre, bien sûr. Mais nous avons tous des handicaps. Personne n’est à mettre sur un piédestal. Alors notre faiblesse peut devenir un chemin de vie fraternelle et même d’authentique vie spirituelle. Car dans le christianisme, il y a d’autre chemin de sainteté que dans l’offrande de notre pauvreté. Mais il en est de même dans la vie en société. Il va bien falloir mutualiser nos pauvretés et nous entraider si nous voulons avoir un avenir économique et social.

Fils et filles, frères et sœurs

Nous les êtres humains, nous n’avons pas de carapace. Nous sommes des êtres vulnérables. Si Dieu nous a créés ainsi, c’est pour que nous apprenions à être livrés à sa Miséricorde mais surtout que nous devenions pleinement fils et filles du Père. Alors nous pourrons devenir un peu plus des frères et des sœurs. Peut-être que cette époque que notre société traverse nous aidera à devenir un peu plus humains. En ce mois de Mai, consacré à Marie, que Notre-Dame de l’Espérance, soutienne chacun et chacune d’entre nous et qu’elle nous aide à ne pas désespérer de l’avenir.

+ Jean-Claude Boulanger
Évêque de Bayeux Lisieux

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