La joie de Noël

La fête de Noël est encore dans notre pays une fête qui fait consensus. Certes sa dimension chrétienne s’estompe, mais elle demeure pour beaucoup un temps de fête familiale, fraternelle et conviviale. En ce sens, elle se distingue de la fête du 31 décembre. Si ce consensus nous réjouit, la disparition du caractère religieux nous attriste. Pourtant, un regard jeté vers le premier Noël peut bien nous réconforter.
Quels sont ceux qui, il y a 2000 ans, ont accueilli le sauveur ? Ils seront une poignée de juifs fervents, qui attendaient le messie et qui vont avoir la grâce d’être les témoins de sa venue. Avec eux se joindront les bergers, les pauvres d’alors, viendront aussi quelques mages venus d’Orient.
Il est bon de les contempler car leur attitude, leur foi simple et profonde, leur espérance limpide et lumineuse nous aident à bien nous situer tout au long de ce temps de Noël.
C’est vraiment dans un climat de joie, de simplicité, un climat familial que se déroule la scène.
Ils accueillent un sauveur qui ne naît pas à Jérusalem, un sauveur dont la naissance n’est pas annoncée ou attendue par les puissants de ce monde, une naissance qui se vivra dans la simplicité d’une étable et dans la proximité des plus pauvres.

Telle est bien notre situation aujourd’hui en ce Noël 2021.
Pour combien de personnes en effet cette fête de Noël se présente comme une parenthèse sympathique et joyeuse, mais un peu naïve et utopique, une fête pour les enfants sans lien avec les problèmes réels de la vie du monde ?
–  Que peut en effet peser la naissance d’un enfant face aux questions de la violence dans le monde, de la pandémie ou de la crise écologique ?
– Que peut peser la naissance d’un enfant face à la complexité de la situation internationale au plan politique, économique, social ? De tels défis risquent de nous décourager.
Voilà bien l’acte de foi que nous sommes amenés à poser une fois encore cette année. Il s’agit de croire que de nous tenir au pied de la crèche n’est pas un geste superficiel, n’est pas un acte réservé aux enfants, mais est bien la seule attitude qui nous remette en face de la vraie vie, en face des vrais enjeux, en face de la vérité de notre condition humaine.
–          Si l’homme oublie Dieu, sa vie risque de devenir un enfer.
–          Si l’homme oublie Dieu, il risque d’oublier sa dignité foncière qui est justement d’être enfant de Dieu, voilà ce que nous rappelle l’enfant de Bethléem.
Nous pouvons nous réjouir que ce temps de Noël soit aussi l’occasion de bien des gestes de fraternité et de solidarité autour de nous. Prions pour que cette trêve soit bien respectée.
Pour accueillir et reconnaitre celui qui vient, notre cœur doit être disponible, il ne doit pas être éparpillé. Essayons, et c’est un véritable combat, de prendre le chemin de la prière. Il nous guidera vers l’étable et l’enfant qui nous y a attend. Dans son silence il a beaucoup de choses à nous dire. Contemplons-le, écoutons-le !
Bon Noël à tous.

+ Jacques Habert
Évêque de Bayeux et Lisieux

 

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